La petite claque hebdo contre la morosité ambiante signée Mathilde Bohrmann, geekette et complice de longue date de poptronics.
Les discussions de geek sont toujours très argumentées : ici les différentes façon d’ouvrir sa bière dans le monde, en GIF animé. © DR
< 14'05'13 >
Bière qui GIF n’amasse pas mousse

(Pop’geek) La revue des étrangetés et buzzeries du Net avec en vrac cette semaine, du Gif animé, des jeux de LEDs et des Youdoubleries. Quoi, vous ne connaissez pas ? Vous n’êtes qu’un ersatz de geek, lisez immédiatement la suite !

Des GIFs et des bières
Le GIF est un format informatique plutôt ancien qui permet de créer des images animées. La facilité technique accouchant rarement de chefs d’œuvre, disons-le franchement, on trouve en GIF animés le pire du Web. Les utiliser sérieusement sur un site internet ou en signature d’un e-mail est vraiment une technique de gros lourd (hé mec ! t’as vu mec ? Ça clignote ! Viens voir par là !). Faits maison ou téléchargés depuis des sites spécialisés en GIF-animés-moches-et-gratuits, on touche les abîmes de la laideur numérique.
Heureusement, ce format est aussi utilisé par de vrais artistes et pour rire, ce qui le sauve et le rend in fine terriblement populaire. Il a d’ailleurs été élu mot américain de l’année en 2012 par les très sérieux dictionnaires Oxford
Le forum « Opening beers around the world » sur Reddit ouvre ainsi un débat de fond en GIF animé sur les différentes méthodes pour ouvrir des bières. Le premier contient déjà quelques pépites, les commentaires aussi. On apprend ainsi qu’en Allemagne, les bières s’ouvrent un peu comme en Nouvelle-Zélande, à la différence que l’on utilise plutôt des téléphones portables en lieu et place de la brosse à dent électrique. Ce qui pose aujourd’hui de bien gros problèmes parce que les smartphones sont bien moins solides que ces bons vieux Nokia. « Good old Nokia… no value in case you lose it, never breaks, network everywhere and able to open a beer. » On trouvera en fouillant d’autres GIF sur le théma (au fusil à la suédoise), des commentaires bien juteux (« The Australian girl can open her beers down under.... ») et des vidéos sur les méthodes danoise ou canadienne :

A la bonne vôtre !

Maman, j’ai vomi les toasts
Autre support artistique pur geek, le toast, dont a souvent parlé ici-même. Depuis mai 2008, un brave père de famille dessine un petit quelque chose sur l’emballage plastique du sandwich qu’il prépare pour ses enfants. Avant de le leur donner, papa prend une photo pour la poster sur sa galerie Flickr dénommée « Sandwich Art » : « Mes enfants ne voient pas le dessin avant la pause déjeuner. »
De deux choses l’une, soit ses gniards n’ont rien à foutre des dessins, soit quelque chose chez eux cloche, ce qui n’aurait rien d’étonnant vu qu’ils mangent tout de même des sandwiches tous les midis depuis cinq ans ! Au lieu de dessiner des pommes et des poires, il pourrait peut-être leur en donner à manger ?

« Get Geeky », version douze
A quoi reconnaît-on un vrai succès ? Au nombre de parodies qui en découlent. A ce titre, « Get Lucky », le dernier single des Daft Punk, est en passe de devenir LE tube international de l’année. A croire que le clip tant attendu (une version courte a même été diffusée une semaine avant la date officielle de lancement) a vraiment déçu. Tant mieux, car chez les geeks, grande déception égale toujours grosse source d’inspiration.
Premier style de parodie : remplacer la piste audio de « Get Lucky » par une chanson, de préférence la plus éloignée du style Daft Punk. Les choix sont nombreux, avec en tête le zouk de la Compagnie créole. Daft Punk, c’est bon pour le moral ! Le clip se révèle de même très adapté aux férias du sud de la France, comme à la soupe allemande des années 80. Daft Punk, c’est bon pour tout et ça passe sur tout.
Les parodies ne se limitent pas à un copier-coller de piste audio. Il y a aussi des réinterprétations plus poussées. On a choisi pour vous la version Metal Hardcore :

Côté montages et truquages vidéo, si vous rêvez de voir Michael Jackson chanter du Daft Punk, c’est possible, le Muppets Show, c’est possible aussi
Autre méthode : se réapproprier le titre pour refaire la vidéo en conséquence. Distinguons « Get Knacki », « Goat Lucky » ou encore « Make Coffee ». Elles sont tout simplement sans pitié.

Make Coffee (Daft Punk - Get Lucky Parody), Peter Coffin :

Il faut dire que ce n’est pas facile de passer après Michel Gondry qui avait réalisé l’excellent « Around the World » inaugural en 1997.

VJ pour les nuls
Youdoubler est un site créé par Brian Kane « parce que vous avez mieux à faire que de travailler ». Indispensable si vous souhaitez regarder deux vidéos en même temps. Version politique : Obama et Mac Cain. Version animale ou pur n’importe quoi : un chien et un éléphant, un accordéoniste et un équilibriste, un peu tout ce que vous voulez puisque vous pouvez jouer facilement le VJay en collant deux vidéos l’une à côté de l’autre.
Youdoubler permet aussi de visionner les remakes sous un autre œil. Voyez plutôt cette excellente reprise de la scène culte des « Matrix » dans laquelle Neo et Trinity mitraillent et se font mitrailler à tout va sans jamais périr :



Le remake en question est réalisé par Homemade Movies qui re-tourne, comme son nom l’indique, les scènes les plus populaires du cinéma.

Bon buzz et bad buzz
C’est l’histoire en BD d’un gros con qui trouve un étron dans son salon. Le type s’appelle Georges Clooney, mais avec un “s” à George. Le titre de la BD est « Georges Clooney, une histoire vrai ». Cela fait déjà deux fautes avant d’entamer l’histoire. Mais ce ne sont pas les seules, le webcomic en est truffé. C’est fait exprès, avec un jeu concours à la clé : trouver leur nombre exact pour gagner un album dédicacé ou des clés USB en forme de double cheese burger. Le concours s’est terminé le 1er mai, mais les fautes sont toujours là : le tome 1 en compterait 113, affirme l’auteur qui dévoile que 500 internautes se sont prêtés au jeu, et 40 sont « gros gagnant »s.
On peut encore s’amuser à les compter et savourer ce délicieux scénario bien scato crado comme il faut, signé Philippe Valette, un Français de 29 ans qui a signé avec Delcourt grâce au buzz autour de son « super-héros foireux en quête de wifi, d’amour et de double cheese »
Dans un tout autre style (et un tout autre budget), Heineken a sorti la soi-disant bouteille interactive qui va transformer tes soirées, à l’occasion de la semaine du design à Milan. Rien de très magique : les bouteilles sont équipées de LEDs et d’un microprocesseur. Selon les gestes effectués (trinquer, boire…), ils clignotent différemment. Le concept s’appelle « Heineken Ignite », le Tumblr dédié est assez nul et même les gens payés pour figurer dans le film promo ont du mal à nous faire croire qu’ils trouvent transcendant le fait de boire dans une bouteille qui a des LEDs dedans.
Pour en finir avec la réclame, d’aucun(e)s apprécieront cet avis de consommatrice aux fabriquants de rasoirs féminins tiré du site « Humortrain »…



Et quant à parler LEDs, tirons plutôt notre chapeau aux geeks de Philadelphie qui se sont payés une sacrée partie de « Pong ». Leur écran ? Un immeuble de 29 étages équipé d’un mur de LED.

La nature morte du caprice de star
On s’en doutait : chaque star a ses petites habitudes, certaines plus incongrues que d’autres. En anglais, faire sa petite liste quand on est une star en déplacement a même un nom, « rider », et conséquemment une fiche Wikipédia.
Le photographe de mode néo-zélandais Henry Hargreaves a mis en scène puis photographié à la manière des natures mortes flamandes les demandes des chanteurs et groupes de pop-rock. Balade au pays des caprices des grosses pointures de la musique.

Bonus
mathilde bohrmann 

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