Etait-il possible de faire pire que la page d’accueil du nouveau site Désirs d’avenir de Ségolène Royal ? "Désir de fail" l’a fait... © DR
< 18'09'09 >
Désirs d’avenir, pourquoi tant de mèmes ?
Toi aussi, fais un site participatif pour 40.000 euros. Depuis que Ségolène Royal a mis en ligne son nouveau desirsdavenir.com, mardi, c’est la curée : une page d’accueil qui rappelle les plus beaux jours des pages persos d’antan, une interface affreuse, des bugs innombrables, une finition digne d’un blogueur du dimanche... Loin de s’inscrire dans la révolution numérique, l’éternelle opposante socialiste est devenue la cible des sarcasmes de la nétosphère, des geeks facétieux et des détourneurs en chef. Après un déversement de bile et commentaires fielleux (voire interrogatifs : ce site over-moche peut-il vraiment être le support officiel du rebond de Ségo ?), les parodies et mèmes se sont multipliées. Petit florilège de l’invention dont ils font preuve. Honneur aux amis d’abord, avec « Dérives d’avenir », le site au bootleg vidéo du virtuose du genre, Sytaime, où Ségolène répète en boucle : « Je suis un logiciel informatique qui met à jour les militants qui dérapent » (la page d’accueil du site officiel propose une rubrique « Rétablir la vérité », déjà tout un programme en soi). L’appel à rejoindre la Fête de la fraternité ségoliniste a été malicieusement remplacé par « la fête de la médiocritude du Web ». Dans l’exercice de style du pastiche, les remakes de la fameuse page d’accueil sont pléthores : les jeux de mot (« Désirs d’endives », « Désirs de Fail » avec ses Gifs animés surannés et drôlissimes), le concours de mèmes, le petit jeu pour aider Ségolène à jeter l’argent à la poubelle : « 3615 Ségolène » parce que, explique Kek, « en tant que webmaster il est des choses qu’on ne peut pas laisser passer ! ». Sans oublier le « Désirs d’avenir generator », pour « faire comme Ségolène et se créer un site web en 30 secondes ». Evidemment, il fallait aussi compter sur le geek à la bosse du commerce qui a aussitôt dégainé la gamme de t-shirts « ségodavenir » (sur Ownishop, avec le fond d’écran Vista, donc). Pourquoi tant de mêmes ? Et si toute l’opération n’était qu’un buzz extrêmement maîtrisé (sous-entendu, même négatif, c’est toujours bon pour faire parler de Ségolène et sa fête de la Fraternité) ? Sauf que Ségolène Royal, quand elle était candidate à la présidence de la République face à Nicolas Sarkozy, s’était appuyée sur la Netscouade (l’agence de webdesign aux références multiples, de Médiapart à Europe écologie pour les dernières européennes), pour sa campagne axée sur la démocratie participative... Difficile pourtant de faire plus ringard que ce « nouveau » site. Alors, Ségolène Royal s’est fendue d’une mise au point à la cool, à destination de ses militants, raconte « Libération ». D’abord contente du boom des connexions (le site, mis en ligne mardi, était encore indisponible jeudi après-midi...), elle reconnaît y avoir été un peu vite en besogne et ajoute : « Cette erreur d’appréciation vous a donné l’occasion de réagir et nous a permis de recevoir beaucoup de propositions de participation de bénévoles. » Chouette. Du coup, nouvelle page d’accueil (le coucher de soleil qui n’est qu’un fond d’écran gratuit de Windows Vista a été remplacé par l’affiche violette pas mieux de la fête de la Fraternité samedi à Montpellier, au prétexte que la photo changera toutes les semaines désormais...). Trop fort, André Hadjez, le chéri de Ségo qui a réalisé ce nouveau site, via sa société Andecom (qui n’a pas même de site). Ségolène Royal a démenti les révélations de « l’Express » : non, dit-elle, le site n’a pas coûté 41.860€. Il n’en reste pas moins affreux.
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commentaires
écrit le < 18'09'09 > par <
a JyY bram.org
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J’aime bien la première page. Dommage que tout le site ne soit pas fait dans le même style. Bien à vous Annie Abrahams.
écrit le < 23'09'09 > par <
jn ooJ hyperbate.fr
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En fait Ségolène Royal n’a pas dit que le site n’avait pas coûté 41000 euros, elle a dit que "désirs d’avenir" n’avait pas payé une telle somme. Puisque la facture a été envoyée à Pierre Bergé (qui confirme), c’est logique. Mon gros doute : et si l’acharnement contre désirs d’avenir était (quoique mérité) supérieur à ce qu’il aurait été s’il avait concerné quelqu’un d’autre ? Machisme ? Parisianisme ? technoaristocratisme ?
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