Turzi en concert le 28 juin à la Boule Noire (avec Li Lund), à 19h30, 120 bd Rochechouart 75018 Paris. Rens. : 01 49 25 81 75. Entrée : 13,60 €. Premier album : A (Record Makers)
Turzi, le krautrock revisité à la sauce 00’s. © DR
< 28'06'07 >
Turzi, le côté obscur de la french touch

En 2005 déjà, avec son mini-album « Made Under Authority », le rock « disciplinaire » de Turzi avait contribué à nous rabibocher avec le rock à la française. « Ecouter du rock français, c’est un peu comme boire du vin anglais », avait en son temps glissé un John Lennon perfide. Derrière Turzi, c’est Romain Turzi, jeune Versaillais au verbe tranché, qui dirige un groupe d’ « exécutants », Reich IV, en hommage au maître du minimalisme teuton (la référence a davantage à voir avec une esthétique post-bressonienne qu’avec les joies de la coercition). Ce premier album, « A » (Record Makers), est très marqué par une fascination gloutonne pour les années 70, en plein revival krautrock, ce courant allemand du début des années 70 traversé par les expérimentations de tous ordres, entre autres musicales : machines désirantes de Kraftwerk, tentatives de musique répétitive de Can (reliquat pop des essais de Stockhausen), ou rock déglingué de Neu !. On décèle certes dans « A » tout un tas de réminiscences de cet « art rock » allemand, dans les rythmiques roides, les envolées instrumentales et ce chant volontiers atone, mais les références sont aussi à trouver de ce côté du Rhin : François de Roubaix, Michel Magne et surtout Michel Colombier (L’Alpagueur), pas moins. L’univers dévidé dans « A » évoque ces musiques de films un peu oubliées, sophistiquées et génialement vintage, auxquelles toute une scène rock et electro érudite se frotte aujourd’hui.

Au fond, l’essentiel est de relever la singularité de Turzi dans le paysage musical hexagonal. « A », présenté ce soir à la Boule Noire, régénère le rock à grands coups d’esthétique et de concept, avec sa musique aérienne et martiale, comme un rock électronique archaïque sur-référencé et inédit qui abolirait les chapelles du « bon » goût et les catégories. Romain Turzi est aussi maître d’œuvre de Pan European Recording, tout nouveau label dont le but est de fédérer la crème du rock néo-psychédélique français, en plein boum ces temps-ci.

Alpes, extrait de l’album « A » de Turzi, en écoute ici-même :

benoît hické 

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< 1 > commentaire
écrit le < 28'05'08 > par < siestelectro ook yahoo.fr >
Pour tous ceux qui veulent le voir, il sera présent a Toulouse le 28 juin 2008 au festival les siestes électroniques http://www.les-siestes-electroniques.com/