Nicolas Frespech est artiste, il vit dans le Sud, et nous envoie régulièrement quelques nouvelles. Depuis peu, il a trouvé un nouveau terrain de jeu d’artiste, l’Internet des objets. Késako ? Docteur Folamour vous dit tout.
"Je regarde ma chienne." © Nicolas Frespech
< 17'08'09 >
Mon Internet des objets, par Nicolas Frespech

(Montélimar, correspondance)

(Pop’archive). Ça y est, j’ai reçu mon kit de puces sans contact, je suis tout content, un vrai geek, me voici plongé dans le monde magique de l’Internet des objets. C’est quoi cet Internet des objets ?

Le principe est simple : vous avez une puce, toute fine, toute petite à coller où vous voulez. Configurez une action pour cette puce, collez-là sur un objet. Placez cet objet devant le capteur fourni dans le kit et la magie s’exerce : l’objet se connecte sur le Net, lance votre lecteur de musique ou tout autre chose...

Le RFID, c’est pas nouveau, les gens qui prennent le métro l’utilisent tous les jours avec le pass Navigo, ça permet d’aller plus vite, de gérer ses déplacements, d’optimiser ses trajets… Mais derrière ce geste anodin se cache aussi une vraie traçabilité et un vrai problème de confidentialité : chaque déplacement est enregistré pour constituer une belle et grosse base de données.

Avec mon kit grand public, payé environ 50 euros, me voici acteur du sans contact, mais que faire ?

Ma première réalisation : pucer ma télécommande pour lui associer une action toute simple et très couch potatoes. Quand je passe la télécommande devant le capteur, le programme télé s’affiche automatiquement sur l’écran de mon PC : pas très créatif tout ça ! Je regarde ce qu’il y a autour de moi : un canapé, une ordonnance qui traîne, une photo, un jouet, des magazines… panne d’inspiration.

Je continue mes tests, je puce mon ordonnance et quand je la passe devant le capteur le traitement que je viens de taper et mettre sur le Net apparaît. Pas encore très créatif, mais parfait pour les vieux myopes et les têtes en l’air. Sinon, il y a aussi le lapin Nazbatag, qui raconte une histoire quand un enfant approche de son museau un livre RFID. La société qui le fabrique proposera fin octobre son kit grand public de puces et d’applications associées. Je me pose, je réfléchis et me lance dans la réalisation d’un pointeuse : je pose la puce sur un bracelet et quand je passe devant le capteur, je pointe automatiquement. La preuve de mon passage physique apparaît sur le Net en direct, avec la date précise de mon passage. Exemple : 14 Oct 2008 23:04:43. Je laisse une trace...

Je regarde ma chienne : on implante des puces sous-cutanées sur les animaux depuis quelques années, elles contiennent le dossier vétérinaire -et pourquoi pas d’autres infos sur le comportement de l’animal ? Quand est-ce qu’on implantera les humains ? Je n’irais pas jusqu’à m’en greffer une, même au nom de l’art, surtout depuis qu’on sait les pirater. Dommage, je laisse ça à Orlan, je suis certain qu’elle adorerait !

Je continue mes expériences, je tiens une piste : je colle une puce sur un petit tirage photo d’une cendrier de voiture, j’ai associé à ce cliché une page Internet sur laquelle on peut voir de la fumée, une course poursuite, des éléments non figés. La puce fait aussi office d’authentification.

Je tourne un peu en rond.

Je puce des lettres manuscrites, ma piste de création sera donc autour de l’info complémentaire, de l’objet statique au monde dynamique du Net. Encore amusé par le côté abracadabra, le petit effet du sans-contact, je m’inquiète cependant des dérives possibles, flicages, télésurveillance… Je joue à l’apprenti sorcier : me voici apprenti artiste !

Article associé : Olga Kisseleva fait entrer le monde au couvent

Cet article a été publié la première fois le 16 octobre 2008.

nicolas frespech 

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< 3 > commentaires
écrit le < 17'10'08 > par < hubertguillaud vfq gmail.com >
Il va falloir faire un recueil des meilleurs idées de ce qu’on peut faire avec le Mirror de Violet ou le Tikitag. J’aime beaucoup en tout cas l’idée de la puce sur la télécommande de la télé pour lancer le site des programmes.
écrit le < 24'10'08 > par < k.lm tMB laposte.net >

le mir:ror de violet est disponible lundi je fonce à la Fnac

http://www.apci.asso.fr/l_observeur/realisation.php ?id=1969&laureats=2009&id_participant=1601

écrit le < 30'11'08 > par < mister.n brT laposte.net >
J’ai testé pour vous le kit français Internet des objets Mir:ror, une réalisation de Violet, l’entreprise française qui a lancé le célèbre lapin Nazbatag. Le kit est composé d’un support, de deux superbes miniatures lapin et de petits timbres colorés autocollants. Le principe : donner à chaque objet pucé (RFID) différentes actions. Une interface vous permet de programmer les actions : lire un pense-bête, vous donner la météo, lire des flux RSS,c’est simple et ludique. Quand vous arrivez chez vous, posez votre lapin sur le socle et votre ordinateur se met à lire vos mails, à vous annoncez ce qu’il y a à la télé ce soir : j’adore. Collez les timbres programmés sur vos objets préférés et attribuez-leur une action : lire une histoire, envoyer un mail. Parfait aussi pour les enfants qui dès 3 ans adoreront interagir avec la machine. Violet n’est pas la seule boite à proposer ce kit, il y a aussi Tikitag.com qui tient la comparaison tout en étant moins sophistiqué et offrant moins de services. Petit bémol, les puces des différents kits malgré ce qui est annoncé ne sont pas compatibles. Comment faire un choix ? Pour les geeks : Tititags et pour tous les autres : Mir:ror. A commander en ligne pour rendre les bottes du père Noël intelligentes !45.00€ TTC