« Hackulturation culture libre, culture hacker », le 25/10 à 18 h, au CIP Marseille / Centre de la Vieille Charité, le 26/10 à 14 h 30 à la Mairie des 2e et 3e arrondissements, 2, place de la Major, et le 27/10 à 14 h 30 au CIP Marseille, Marseille (13). Réservation conseillée : 04.91.90.08.55.
La couverture du Manifeste hacker de Mc Kenzie Wark, tout juste traduit en français, qui revendique une culture du libre. © DR
< 25'10'07 >
Marseille en a gros sur l’hacker

Il y a ceux qui téléchargent des musiques et des films et sont pirates sans pour autant en revendiquer la culture. Il y a ceux qui participent en collaboration à l’élaboration et à l’amélioration de logiciels (certains sont devenus d’énormes machines comme Linux, le système d’exploitation que les grosses entreprises, et même Microsoft, ont adopté). Ceux-là ne sont pas des hackers à proprement parler, mais contribuent à une révolution en profondeur des modes de création, distribution et diffusion des biens et services. Et puis, il y a les vrais pirates informatiques, qui font la nique à tous les verrous technos pour défendre une libre appropriation ou simplement pour prouver qu’aucun système de cryptage ne leur résiste.

Hackers, crackers, phreakers... l’armée du libre n’a rien d’organisé, ses troupes sont dispersées et disparates. N’empêche que le « libre » est devenu une culture à part entière. C’est bien pour cette raison que les « Rencontres Place Publique » organisent à Marseille quatre journées de débats sous l’intitulé un poil péjoratif (mais laissons leur tout crédit d’inverser l’intention au cours des conférences) « Hackulturation, culture libre, culture hacker ». Philosophes, chercheurs, théoriciens des nouveaux médias devraient ainsi discuter de cette « culture hacker », ses références, ses fondamentaux, notamment autour de l’auteur du « Hacker Manifesto », le livre définitif sur la subversion du monde par l’éthique hacker, la coopération, la libération de l’information et ce genre d’utopie, que l’éditeur précieux Critical Secret a eu l’excellente idée de traduire en français ce printemps.

Kenneth McKenzie Wark, auteur de ce texte et plus récemment de « Gamer Theory », participera au premier débat, « attitude, manifeste et éthique hacker », au côté du philosophe Patrice Maniglier, du critique d’art Stephen Wright (dont poptronics a déjà dit du bien) et d’Alain Giffard (ex-conseiller nouvelles technologies du ministre de la Culture, spécialiste des technologies de l’écrit) ce soir au CipM, le Centre international de poésie Marseille.

Ça continue demain en élargissant le point de vue à la « Culture libre » (institutions culturelles et économie marchande), avec Patrice Maniglier, Thierry Crouzet, auteur du blog « Le peuple des connecteurs, blog politique du cinquième pouvoir » et « observateur » des mœurs informatiques depuis une quinzaine d’années, Arnaud Esquerre, doctorant en sociologie politique et morale (sujet de thèse : les accusations de manipulation) et Paul Mathias du Collège international de philosophie et spécialiste « diktyologie » ou théorie des réseaux.

Et pour finir la semaine, samedi, le libre et le livre : « La culture libre peut-elle briser la chaîne du livre ? ». Le domaine est beaucoup moins balisé, la chaîne du livre résistant pour l’instant plutôt mieux que les autres industries culturelles aux échanges de fichiers sur le Net, malgré les opérations de partage de livres comme s’en prépare une précisément ce même jour à Marseille, l’« Attentat poétique » (on aime un livre, on le laisse dans l’espace public pour qu’un autre lecteur se l’approprie). Autour de la table cette fois-ci, éditeurs et poètes, dont Aliette Guibert, de Critical Secret et Alain Giffard.

Est-il besoin de préciser que ces rencontres sont elles aussi libres d’accès ? Ceux qui n’iront pas à Marseille attendront avec impatience les comptes rendus promis sur leurs sites par Alain Giffard et Thierry Crouzet notamment.

annick rivoire 

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< 1 > commentaire
écrit le < 07'01'08 > par < aliette dCJ criticalsecret.org >

Merci Annick Rivoire ! (pardon d’arriver si tard) j’aurais du aller vous saluer à la présentation de François Roche à La maison Rouge.. mais bof c’était peut-être pas le meilleur jour pour ça :) J’espère vous rencontrer un jour ! Chapeau pour votre charisme éditorial... En attendant je vous souhaite une super bonne année 2008 !

Aliette Gubert Certhoux