< 15'09'09 >
Hadopi adopté, on prend le maquis

(pop’sur’le’feu) En toute mauvaise foi, et parce que la guerre anti-Hadopi ne fait que commencer (ah oui, pour info quand même, le projet de loi dit Hadopi 2 a été voté à l’Assemblée cette après-midi même par 285 voix pour, 225 contre), voici un petit pan sur les clics du gouvernement. Comme le disait avec humour et conviction Richard Stallman la semaine passée à Paris, lors du lancement de l’initiative pour le mécénat global, la seule façon désormais de lutter contre cette loi idiote et pénalisante, qui ne règle rien à la question de la rémunération des auteurs, c’est d’« organiser la résistance en ouvrant les réseaux wifi pour se protéger les uns les autres ».

Voilà que commence officiellement l’après-Hadopi, cette « usine à gaz » de l’aveu même de Claude Goasguen, député UMP, ce texte « inapplicable » selon Patrick Bloche (PS). Enfin on pourra zapper les rodomontades d’un Frédéric Mitterrand qui se gargarise ainsi à l’issue du vote de son « courage » : « Les artistes se souviendront que nous avons eu le courage de rompre enfin avec le laisser-faire et de protéger leurs droits face à ceux qui veulent faire du Net le terrain de leur utopie libertarienne ». En attendant, poptronics se fait un plaisir de dévoiler l’énième bourde techno d’un gouvernement décidément très à la traîne en matière de révolution numérique.

Sur l’image ci-dessus, une capture d’écran réalisée aujourd’hui même à partir du site on ne peut plus institutionnel de la Délégation aux usages de l’Internet, un clic innocent vers le nouvel « appel à projet du programme Internet sans crainte (le machin gouvernemental qui lutte contre les hordes de pédophiles du Net) ouvre cette page qui, visiblement (« Comment la draguer ? » « belles femmes » et autres « femmes roumaines »), n’a rien à voir avec une communication officielle. Un chouette répertoire de liens sans rapport avec ledit appel à projets. A l’origine de ce « bug », un lien cassé sur le site de la Délégation aux usages de l’Internet : le lien hypertexte qui devait pointer vers l’adresse http://www.internetsanscrainte.fr/espace-jeunes/appel a été tronqué et transformé en http://www.internetsanscrainte.frespace-jeunes/appel... Un slash qui fait mal...

Selon les navigateurs et configurations utilisées, l’internaute peut se trouver confronté au message traditionnel d’erreur d’adressage (« Firefox ne peut trouver le serveur à l’adresse www.internetsanscrainte.frespace-jeunes »), ou comme dans le cas présent, être redirigé vers la page d’un cybersquatteur (qui usurpe soit l’url d’un site officiel, soit des urls approchantes). Nul doute que les petites mains technos du gouvernement feront le nécessaire pour réparer ce bug. Mais ce pan sur le clic n’en était pas moins mérité pour faire pièce à ces discours gouvernementaux pleins de morgue et de mépris pour tout ce qui relève de la net-culture.

annick rivoire 

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< 1 > commentaire
écrit le < 16'09'09 > par < info CsY franck-ancel.com >
"Comment (enfin) réussir à cuisiner des makis !/ ?" http://www.cemutan.org/spip.php ?article46