David Guez, Annick Rivoire, DotRed @ Réseau & création, The Upgrade ! Paris, Maison Pop, dans le cadre de la soirée « Réseau et création, une informatique participative », en présence de Maurice Benayoun, artiste et directeur artistique du CiTu, qui présentera IN/OUT, « dispositif de création connective », le 28/11 à 20h30, 9 bis rue Dombasle, Montreuil (93), métro Mairie de Montreuil (entrée libre).
Retour sur dix ans de création réseau, ce soir, avec David Guez, à la maison pop de Montreuil. © DR
< 28'11'08 >
David Guez, le grain de sable du réseau

En vocabulaire informatique, « upgrader » un logiciel c’est le mettre à niveau. Ce soir, c’est l’artiste David Guez (l’un des cofondateurs de poptronics), qui se mettra à jour lors des rendez-vous Upgrade ! Paris, qui exportent ce vocabulaire dans le champ de l’art. Je l’accompagnerai dans cette expérience de restitution de ses créations, après la présentation du projet IN/OUT, porté par le CITU et Maurice Benayoun (on y reviendra).

Il était logique qu’Upgrade !, réseau international de structures dédiées à l’art et aux nouveaux médias, né à New York en 1999 et qui fonctionne sur le principe de « nœuds autonomes unis par l’art, la technologie, et un engagement de combler les fossés culturels » invite David Guez à rencontrer son public, puisqu’il ne cesse d’imaginer les usages les plus contemporains de l’Internet avec dix ans d’avance sur les technologies elles-mêmes.

Aujourd’hui, tout le monde connaît Youtube ou Myspace. En 1999, David avait collé à cette envie warholienne d’accéder à beaucoup plus que quinze minutes de célébrité avec Tv-art.net et Teleweb, qui mettaient à disposition de chacun les outils nécessaires pour monter sa webtélé. En 2000, il proclamait la fin du Web en prophétisant l’avènement du P2P avec Videofluxus.net, un réseau artistique qui anticipait les échanges de fichiers musicaux et de films qui aujourd’hui font de nous tous des pirates (selon les projets de loi gouvernementaux) puis, en 2003, proposait EKART, un centre de diffusion numérique partagé, basé sur l’utilisation et la propagation d’un mot-clé via les réseaux peer to peer.

En 2007, c’est aux blogs et à leur fantastique pouvoir d’attraction qu’il s’attèle en lançant 1400cm3, un éditeur de blogs aussi efficace qu’une plate-forme à la Skyblog, mais plus simple, moins formatée, plus colorée aussi et surtout non-commerciale, qui a su séduire une communauté de jeunes.

Au-delà d’une catégorie, le Net-art, qui a fait long feu, David Guez est l’un des rares créateurs français qui réponde à la définition de « l’artiste-réseau » (avec Christophe Bruno, Etienne Cliquet et quelques autres, quand même !) mélange d’érudition maladive pour le support qu’il investit (il a une formation d’informaticien) et de mise en abîme permanente de la fascination que ces nouvelles technologies exercent (en positif ou en négatif). Qu’il propose d’envoyer un e-mail dans le futur (2067 e-mail@futur) ou de connecter nos « moi » à une hyperconscience collée à la matrice Internet (Hypermoi), il questionne inlassablement notre rapport aux technologies, dans le premier cas en réintroduisant le charme de l’attente et dans le deuxième en retournant la sempiternelle question de l’ubiquité (née avec les réseaux) en angoisse temporelle.

On l’aura compris, David Guez n’est pas un plasticien qui s’intéresse à un art décoratif : pas de belles choses léchées chez lui mais des concepts qui défient nos pratiques les plus banales sur le Net. Ce soir à Montreuil, on reviendra bien sûr sur ses projets passés, mais il présentera également son obsession du moment, Dotred. Cet espace 3D est tout à la fois un jeu sérieux, une plate-forme usant des mêmes qualités de réseau social que Facebook par exemple, et un moyen de nous pousser à changer notre regard sur la ville, la politique urbaine, le mal-logement et toutes ces questions politiques.

Une utopie qui passe par un soutien financier à des associations d’aide au logement social. L’internaute, sous couvert d’un jeu, acquiert une portion du territoire de Paris (un Paris modélisé et donc virtuel). Symboliquement, un internaute chômeur, en fin de droits, pourrait donc se retrouver propriétaire du palais de l’Elysée pour quelques euros, en y posant un cube qu’il aménagerait ensuite à sa guise. Et deviendrait le roi de la capitale s’il réussissait à convaincre un maximum de ses « amis » à investir également ce Paris virtuel… Et puisqu’il est question d’utopie, David dévoilera ce à quoi il travaille en ce moment, une mise à jour du Disque dur papier (le projet qu’il avait lancé avec poptronics pour le premier pop’lab du site, utopie d’archivage pérenne de nos données, illisible au présent, et ouvert à réinterprétation à l’avenir). Une mise à jour... humaine. Mais on ne va pas tout dévoiler, quand même…

annick rivoire 

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< 2 > commentaires
écrit le < 28'11'08 > par < aliette.guibert LyF gmail.com >
Oui, David Guez est un artiste exceptionnel, vaste et rare... que je suis triste de ne pouvoir aller à Montreuil ce soir. Ce sera à coup certain une soirée formidable...
écrit le < 01'12'08 > par < info oWo poptronics.fr >
Quel bel enthousiasme ! Ne regrettez rien, le podcast est déjà disponible grâce à la maison Pop.
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